Il conviendrait d’intervenir au sujet de ce qui ressemble à une mascarade.
On nous bassine avec le niveau historiquement bas du chômage. Chuck est bien sûr ravi pour toutes les personnes qui ont retrouvé un emploi, là n’est pas la question. Il ne s’agit pas non plus de revenir sur la probable précarité des emplois nouvellement créés ni sur les magouilles qui entourent le décompte des chômeurs.
Néanmoins, Chuck tient à signaler deux choses.

Comme en témoigne ce graphe trouvé sur le web, une petite analyse s’impose. En 1997, le taux de chômage était au plus haut, avec un peu plus de 12%. Sur la période 1997-2002, ce chômage n’a cessé de baisser pour atteindre un niveau d’environ 9%. Par la suite, il est remonté assez nettement, pour à nouveau baisser à partir de 2003-2004, pour finalement arriver au taux annoncé ces derniers jours de 8%.

Si l’on regarde ce deuxième graphique, trouvé sur le site du Figaro et donnant les stats selon le BIT, le chômage a déjà atteint les 7,8% annoncés comme historiques, et ce en 2001. A qui doit revenir le mérite? Sous le mandat de L. Jospin, le chômage est passé de 10,8%, le plus haut historique, à 7,9%. Soit un effort de 2,9 points. Depuis que la droite est à nouveau au pouvoir, si l’on prend le point le plus haut afin d’analyser la baisse, cela fait un effort d’un point. Si l’on se réfère au taux récupéré suite au passage de la gauche cela revient à un effort (si on ose l’appeler encore comme ça), un tout petit, riquiqui effort de 0,1 point.
Alors franchement, y a-t-il de quoi cancaner? Chuck ne croit pas que l’actuel gouvernement devrait trop se vanter de ce résultat.
Secundo, un truc assez courant en économie, lorsque l’on se réfère à une relance par la demande, façon Grands Travaux de Roosevelt pour faire simple, est que l’on observe en parallèle une bonne croissance et une réduction du taux de chômage. Toujours de façon simpliste, ceci s’explique par deux mécanismes logiques. Tout d’abord, la croissance profite aux entreprises qui dès lors, au moins en théorie, embauchent plus de personnes, d’où un chômage en baisse. Ensuite, la réduction du taux de chômage réduit le nombre de personnes vivant sur des ressources étatiques via les allocations et augmentent le nombre de consommateurs, ainsi la consommation augmente et donc les entreprises réalisent de meilleurs recettes … etc.
Bref, là, ce n’est pas le cas. Pourquoi? Une explication assez logique est le seul point que Sarkozy a ouvertement abandonné par rapport à son programme: la baisse du pouvoir d’achat. L’effet sur la consommation de cette baisse est plus fort que l’effet positif dû à l’augmentation des actifs salariés. Donc tout cela ne change rien au problème, et ainsi, à nouveau, le gouvernement serait bien inspiré de ne pas trop se vanter de ces résultats.
En outre, et comme Chuck l’avait déjà fait remarqué il y a quelques jours, le gouvernement n’obtient pas des entreprises que, suite aux allègements dont elles profitent, leurs embauches augmentent à tel point que X. Betrand, le Laurent Fontaine du gouvernement, veut légiférer pour les forcer à jouer le jeu.
Donc, moralité de l’histoire, tous ces discours sur l’aspect exceptionnel de la baisse du chômage sont un tissu de mensonges car d’une ils sont inexacts, et de deux, les conditions nécessaires à ce que cette baisse du chômage soit profitable à l’économie ne sont pas réunies, principalement à cause d’un gouvernement qui ne parvient pas à gouverner dans le bon sens, ses alliés entrepreneurs ne jouant pas le jeu et le pouvoir d’achat étant en berne, ceci rendant plus qu’urgente une réelle augmentation des salaires.
Chuck conclura son exposé par un exemple relativement clair de l’impasse dans laquelle se trouve le gouvernement. Il procède à une forte réduction des impôts pour les foyers les plus riches. La théorie économique, Keynes en particulier, nous dit qu’une personne aisée consommera une part moins importante de l’augmentation que ne l’aurait fait une personne à faible revenu pour une même augmentation du revenu. Dès lors, l’idée derrière est probablement un renforcement de l’épargne. Celle-ci va donc servir à financer les investissements des entreprises, ce qui devrait permettre de relancer la croissance et donc in fine d’augmenter les salaires… mais voilà, les entreprises ne jouent pas le jeu. Elles encaissent les cadeaux sans ne rien faire. Elles n’investissent que faiblement en France et n’augmentent pas les salaires… pas grand chose à faire.
C’était l’histoire d’une grenouille qui voulait devenir plus gros qu’un boeuf, d’un lièvre qui … bref, la grenouille n’aura pas le temps d’exploser à trop manger, Chuck s’en charge d’un coup du plat de la main … Blouf!