Nicolas Sarkosy a fait de nombreuses sorties médiatiques afin de signaler sa position face à l’idéologie post soixante-huitarde qui était trop tolérante et le symbole, selon lui, du laisser faire à tout va.
Laisser faire? Cela indique que certaines personnes se retrouvent à pouvoir se permettre de faire certaines choses à cause de la passivité de la justice.
Alors reprenons. Notre cher Président, fraîchement élu, s’envole sur le jet privé de Vincent Bolloré, son ami, pour rejoindre Malte et le yacht de ce même Vincent Bolloré.
Je passe outre le discours justifié sur l’aspect ironique d’un candidat qui plaide pour une réduction du train de vie de l’Etat, en particulier de ses fonctionnaires, et qui en l’espace de 24h, se sera goinfré au Fouquet’s, puis y aura passé la nuit pour enfin partir 3 jours en villégiature sur un yacht grand luxe.
Il faut tout de même signaler que Bolloré est un homme d’affaires important, dont les intérêts dépendent directement de pas mal d’actions de l’Etat, dirigé par son ami Sarkozy. Cela ressemble tout de même à un conflit d’intérêt, ou plutôt à une convergence d’intérêt. Qui croit une seule seconde que Sarkozy ne va pas renvoyer l’ascenseur à son ami?
Gouverner pour tous les Français? Pas sûr, à moins que vous ne prêtiez vos rollers à Sarko.
Quitte à s’assumer, autant le faire à fond, ce matin on apprend que moins d’une semaine après l’accession au pouvoir de Sarkozy, une perquisition a lieu dans un journal satirique réputé pour ses banderilles corrosives à l’encontre du futur Président, le Canard Enchaîné. La perquisition a pour objet l’affaire Clearstream, comme par hasard, où justement le nom de Sarkosy était évoqué. Cela ne ressemble-t-il pas à un léger contrôle des médias. Discret bien sûr, simplement pour faire comprendre que les moyens de pression sur le Canard sont autrement plus puissants qu’auparavant.
Bref, les fonctionnaires, eux ne doivent pas faire acheter une gomme de trop, sinon ils s’engraissent. Les resquilleurs de transports publics n’ont qu’à bien se tenir, le laisser faire n’est plus d’actualité.
En revanche, la délinquance des cols blancs, qu’elle passe par des relations douteuses avec des industriels ou bien par le contrôle des médias, est vivement encouragée. Il faut s’assumer on vous dit.
Chuck appelle cela du laisser faire. Dois-je rappeler que lors de son second entretien avec M. Onfray, Sarkozy a lui-même fait l’apologie de la transgression des lois. Il expliquait alors que l’intérêt de l’existence des lois, c’est la joie, l’excitation de les transgresser. Il n’hésitera donc pas une seconde à le faire.
Chuck se demande combien de temps la droite va pouvoir s’assumer sans que personne ne se rende compte que lorsqu’elle s’assume, elle frôle l’illégalité, que la moralité si chère à Sarkosy n’a pas lieu d’être lorsqu’il s’agit de son bien-être et que le dindon de la farce, ce seront les Français.
Bref, Chuck envoie un bon coup de coude bien senti dans tous ceux qui vilipendent le laisser faire tout en assumant le leur.

