Non content d’avoir été élu sur une campagne basée principalement sur un programme économique qui, à l’évidence, n’est pas tenable (pas équilibré budgétairement parlant).
Non content d’avoir été élu en se faisant les représentants du renouveau, de la rupture, alors que c’est un gouvernement de droite qui était précédemment au pouvoir.
Non content d’incarner le changement en intronisant ministre un nombre important de personnalités loin d’être nées de la dernière pluie (Juppé, Bachelot, Bertrand, Boutin, etc …) qui ont pour la plupart déjà pu faire preuve de leur velléités de changement (pas flagrantes).
Le premier ministre enfonce le clou dans un discours prononcé hier soir. Il parle de gauche en noir et blanc, de social du bout de doigts…
Comme je l’ai déjà mentionné, le gouvernement sortant est droite (et comportait un certain nombre d’actuels ministres en son sein). A entendre Fillon, on sort de 14 années de gauche. Non, le noir et blanc est belle et bien cette vieille droite qui gouvernait jusqu’alors. Du changement donc? Non, mais elle s’assume nous dit-on. Donc notre nouveau gouvernement n’est pas en couleur mais colorisé, comme ces vieux films que l’on ressort en ajoutant grossièrement des couleurs vives, ça attire. Rien ne le distingue des précédents, de gauche comme de droite d’ailleurs. J’en veux pour preuve que la tranche qui a voté massivement en faveur de Sarkosy est celle des 65 ans et plus. Donc ils arrivent, ils sont jeunes et croient pouvoir tout changer … ils ne feront pas mieux que les autres en s’y prenant comme cela.
En outre, le social du bout des doigts est une notion honteuse qui témoigne de la méconnaissance (ou plus probablement de la volonté de ne pas le reconnaître) des années passées. Les 35h ont certes leurs défauts, tout comme le RMI, mais on ne peut parler de social du bout des doigts.
Désormais, le social sera charité. En abaissant le bouclier fiscal, en supprimant les droits de succession et en augmentant massivement la TVA (seule solution qui permettrait de financer en partie le programme économique du gouvernement actuel), nous allons vers des riches plus riches et des pauvres plus pauvres. Ces derniers n’auront plus qu’à se remettre aux actes charitables des riches plus riches, en espérant que ceux-ci préfèrent leur donner une partie de leur surplus plutôt que de le placer sur divers produits financiers.
Pour conclure, tenir un tel discours est dangereux. Ne pas reconnaître les bonnes choses du passé, ou à défaut les bonnes volontés du passé, ne peut permettre d’aller dans la bonne direction. Croire que l’on peut tout reconstruire, alors que plusieurs milliers d’années d’histoire s’entremêlent dans les causes réelles des choix passés (et non simplement la tendance politique comme Fillon aimerait le faire croire) est d’une prétention qui me dépasse. Les erreurs donnent des informations précieuses, tout négliger nous mènera simplement à une nouvelle batterie d’erreurs.
Alors je ne vois pas comment, avec ce genre d’idéologie, il est possible que les choses s’améliorent pour tous. Car plus grave que mon désaccord politique avec l’actuel gouvernement, je suis inquiet par leur conception de la politique: show-biz et communication, où l’effet d’annonce est le plus important. N’importe quel économiste vous le dira, une crédibilité, cela se travaille (je ne parle pas que de celle du gouvernement, mais de l’Etat), à force de jouer avec les effets d’annonce, on ne devient plus crédible. Dès lors que les dirigeants ne seront plus cru, l’effort pour retrouver une crédibilité pour l’Etat français sera coûteux et long.
Bien entendu, tous les changements nécessaires à la France ne sauraient être mis en place dans une situation où le peuple et les autres Etats ne croient plus la parole de l’Etat français.


Bien vu…
t’as trop raison!!!!!
Pourquoi l’on ne parle plus du contract unique?
Y parait que les chinois sont prets à nous envahir par millions pour monter des usines en France grâce à la TVA sociale…