Cela me surprend qu’une telle annonce ne soit pas plus commentée dans les médias, alors j’y remédie.
Vous avez pu lire ou entendre, par exemple ici, que Xavier Bertrand compte proposer un projet de loi à Christine Lagarde. Première parenthèse, si certains avaient encore des doutes sur le souhait de Baby Face de briguer au moins le poste de ministre de l’économie lors du prochain remaniement, je pense que ceci est assez illustratif, je ferme la parenthèse.
Non, ce qui a interpelé Chuck est surtout le contenu du projet de loi. Citons les échos: “la mise sous condition des allègements de cotisations patronales”. Vous vous direz: “mais enfin Chuck, tu devrais être content”. Non! Ceci car ce qui le dépasse c’est que si la droite se met à légiférer sur ce genre de chose, alors Chuck aimerait réellement comprendre ce pour quoi elle dirige.
C’est vrai ça, nonmého! La gauche, idéologiquement, incarne les valeurs sociales qui ont vocation a défendre les salariés. Elle incarne également les principales valeurs de solidarité et de partage. Mais elle a toujours dû faire face à un problème: les patrons sont principalement de droite et donc ne sont jamais d’accord avec elle. Dès lors, elle était contrainte de légiférer, comme dans le cas des 35h, afin d’imposer ses vues au patronat. Solution pas nécessairement idéale car les entreprises étaient alors incitées à tout faire pour contourner la règlementation, la gauche n’osant pas non plus faire appliquer la loi de façon rigoureuse de peur que l’on croit à un acharnement et probablement pour ne pas faire fuir un électorat de gauche orienté au centre, façon DSK.
Bref, la droite, selon Chuck, a cet avantage qu’elle est l’alliée du patronat. Ainsi, une mesure visant à inciter les entreprises à augmenter les salaires, ou à embaucher plus, se veut être efficace puisque l’on attend des entreprises qu’elles “jouent le jeu”, dans la mesure où ce sont leurs “potes” qui ont mis en place la dite mesure. Que nenni! En fait, et cela confirme ce que Chuck a toujours cru, les patrons français souffrent d’une frilosite aigue, ils sont mous et préfèrent toujours ne pas engager trop de dépenses malgré les gains, de peur d’une situation future moins bénéfique. Ainsi, le gouvernement de droite se retrouve à obliger ses alliées à faire ce qu’il attend d’elles.
Chuck se demande à quoi la droite peut-elle bien servir. En effet, l’intérêt éventuel que l’on pouvait lui trouver était de pouvoir faire passer en douceur des mesures, certes moins ambitieuses. Aujourd’hui, il est clair que ce n’est pas le cas. De façon très générale, vouloir orienter sur le social se fera systématiquement contre les entreprises. Aussi, quitte à avoir des mesures sociales au prix de batailles contre le patronat, autant que ce soit la gauche qui le fasse!
Bon, la droite s’est déjà pris un paquet de coups de la part de Chuck. Ce dernier a pitié et se contente de plisser la bouche et souffler dedans pour lui postillonner dessus.

