Il fallait tout de même que le grand Chuck se manifeste après la sortie remarquée de notre Président.
Finalement, il n’y a pas grand chose à dire, tout ou presque a déjà été dit dans la presse. Oui, il est surprenant que le plus haut personnage de l’Etat utilise ce genre de langage devant des caméras. Oui, il est étonnant qu’il se sente obligé de se mettre au niveau de son interlocuteur d’alors. Chuck a d’ailleurs autorisé quelqu’un à lui suggérer un parallèle intéressant avec l’histoire récente du prof qui met une gifle. Finalement, ces deux histoires sont très similaires. Il est indéniable que le propos était violent, tout comme il est indéniable que la réponse n’était pas à la hauteur de la fonction, c’est-à-dire un défaut de responsabilité. L’enseignant a été en garde à vue pour cela…
Restent néanmoins quelques questions en suspens. Une en particulier nécessiterait de mener une réflexion sur ce qui poussent les citoyens “lambda” à s’adresser au Président comme s’il était un alter ego. Il est en effet peu probable qu’un prédécesseur eut pu être confronté à de tels propos (tout du moins, dans cette forme). C’est en réalité le paroxysme du “Président proche des français”. C’était de fait la volonté du candidat Sarkozy. Depuis qu’il a été élu, il ne cesse de proposer des réformes axées sur des rafistolages visant chacun à régler un détail mineur dans un ensemble autrement plus complexe. La plupart des propositions sont dignes de celles qui pourraient être formulées autour de nombreux comptoirs à travers toute la France:
- Il y a des récidivistes, enfermons-les à vie.
- Il y a des gens qui meurent de faim, c’est donc bien qu’il n’y a pas trop d’agriculteurs
- Il faut réformer la PAC afin de la faire revenir sur les bases qui étaient les siennes avant.
- Pour les fonctionnaires, il n’y a plus d’argent, tout est passé dans le cadeau fiscal aux foyers riches.
- etc …
Bref, comme un bon citoyen “lambda”, il fait comme si il n’y avait pas de méthodes plus ambitieuses pour résoudre les problèmes. Il fait comme si la France n’était pas inclue dans un système mondial qui impose un certain nombre de contraintes.
Alors, finalement, est-ce si surprenant de le voir se faire adresser la parole de la sorte. L’idée n’est pas de cautionner ce type de comportement mais bien de souligner que le Président actuel est en train de faire sauter toute l’image de la politique, de faire fi de l’idéologie, pour les remplacer par de l’annonce médiatique et des petites idées à l’emporte-pièce qui ne règlent en rien les problèmes que la France connaît actuellement.
Dernier éclat en date, l’interview dans le parisien amendée par les services de l’Elysée. On retiendra alors que Sarkosy ne souhaite pas s’excuser mais que ses collaborateurs jugent que cela est nécessaire. Tout ceci est ridicule.
Ensuite, comment expliquer une telle perte moyen. En réalité, et ceci est lié à la première remarque, il réalise que sa façon de faire de la politique (façon de parler) ne fonctionne pas. Il se rend compte que sa méthode pour proposer des réformes n’était adaptée qu’à un candidat, pour donner des intuitions des projets, mais ne convient pas à un Président qui désormais se doit de prendre de réelles décisions, construites, afin de réformer le pays. Ou plus exactement, il n’a pas conscience de ces deux aspects. Ainsi, il ne comprend pas le désamour de la part des français, il trouve cela injuste. Comme un enfant à qui l’ont interdit de jeter des objets sur les passants dans la rue … il ne comprend pas. Il ne réalisera que plus tard le bien fondé de cette interdiction.
Chuck est toutefois prêt à donner des cours de Karaté au Président pour lui apprendre à se défendre. Il faudrait également qu’il apprenne les bonnes réponses qui claquent comme “c’est celui qui dit qui est”, “miroir magique” ou encore le bon vieux “toi-même!”. Enfin, plus dure à retenir mais tellement plus “staïlie”:
“J’ai deux questions à te poser, très brèves:
Qu’est-ce que je fais avec un branquignol dans ton genre alors que je pourrais faire quelque chose de beaucoup plus dangereux … comme ranger mes chaussettes par exemple.
Et comment comptes-tu claquer des doigts (Alors là, il faut adapter à la situation, ici ce serait pour tes vaches par exemple) pour tes molosses une fois que je t’aurai bouffer les pouces des deux mains!”

