Lu aujourd’hui sur le site du monde, un petit échange de commentaires qui souligne clairement le manque de communication au sujet du FMI et de son fonctionnement.
R. H.
13.04.08 | 09h58
Je ne connais pas Francis R. mais il a dû sécher pas mal de cours de maths. La porte-parole d’Oxfam de parle pas des droits de vote de ces 144 pays mais de leur augmentation. Ils auraient donc très bien pu croitre chacun de 1%, d’autant qu’on peut imaginer qu’ils partent d’assez bas.Francis R.
13.04.08 | 03h46
Je ne connais pas Elizabeth Stuart, mais elle a du sécher pas mal de cours de maths au collège. Si chacun des 144 pays dont elle parle avait 1% des droits de vote, ils détiendraient au total si je ne m’abuse 144% des droits de vote… La cause défendue par Oxfam International est juste mais cette ONG gagnerait en crédibilité à choisir des porte-parole un peu plus sérieux.
Plus sérieusement, il serait intéressant de revenir sur l’évolution des quotas. Tout d’abord, les chiffres donnés par l’article du monde montrent que l’évolution est d’une part modérée et d’autre part profite massivement à la Chine qui, sur les 2,7 points d’augmentation des Pays en Développement (PED), en gagne 1,02.
Comment interpréter ce chiffre? Il peut certes sembler élevé. Mais tout le monde sait qu’aujourd’hui la Chine détient beaucoup de dettes des pays développés. Son statut de créancier international justifie sûrement en partie cette augmentation massive, du point du vue du Fonds tout du moins. Il faut rappeler que les quotas sont supposés représenter la contribution de chaque pays au capital du FMI. La Chine a-t-elle pour autant augmenté sa participation? Rien ne l’indique. Elle surfe souvent sur son statut ambigu de PED, ignorant officiellement son poids si lourd dans l’économie mondiale.
En outre, la Chine est un créancier particulier puisqu’elle achète des titres de dettes sur les marchés. A ne pas confondre avec le Club de Paris qui rassemble des créanciers qui prêtent aux pays, souvent en développement. Ces derniers conditionnent souvent leurs propres prêts aux conditions décidées par le FMI. Bref, tout cela pour dire que les plus concernés, les membres du Club de Paris, ont globalement accepté de réduire leurs participations, au moins en terme de vote. Ceci est important à signaler et surtout témoigne de la volonté politique de la réforme. Le but est d’éviter une trop grande ingérence des pays développés dans des décisions qui touchent les PED. Or la hausse massive de la Chine ne va pas, selon moi, dans ce sens.
Il est bon de voir ces quotas modifiés. Mais comme l’indique la représentante d’Oxfam, 144 pays qui n’ont pas d’augmentation significative et dans le même temps une augmentation très importante du quota de la Chine, cela semble être un problème.
Cette réforme des quotas était nécessaire pour rétablir un équilibre, en particulier entre PED et pays développés. Mais si cela revient à créer un nouveau déséquilibre flagrant au sein des PED, je ne crois pas que cela soit très positif. On peut d’ores et déjà douter d’un alignement de la Chine sur les intérêts des PED les plus pauvres, les fameux 144 pays.
Bref, la réforme reste nécessaire, bien qu’encore modeste. Toutefois, il ne faut pas se tromper lorsqu’on la met en œuvre. En outre, d’autres réformes sont à mener au sein du Fonds, comme par exemple celle de la définition de ses missions.
Voilà, Chuck se devait de faire un petit point sur le Fonds et les enjeux qui l’entourent. Au pire, il pourrait éventuellement prêter un peu d’argent au Fonds, il a fait un gros retrait à la Société Géniale récemment!

