Chuck ressort ici une bonne vieille règle d’économie politique (et sûrement de sciences politiques, le but n’est pas de créer la controverse sur ce point). Ca fait toujours du bien!
Un argument très simple pour justifier de ce qu’une réforme bonne pour une majorité de gens et pour la société en générale (ce n’est pas la même chose), mais ce n’est pas nécessaire, est comme suit:
Tout d’abord, nous savons que sur 100 personnes, 51 vont bénéficier de la réforme et 49 vont y perdre, mais nous ne savons pas qui.
Si la réforme est présentée en l’état à un vote populaire, alors l’espérance d’en profiter étant de 51/100>0,5, tout le monde vote pour, c’est un plébiscite!
En revanche, si avant le vote, 49 des 51 personnes amenées à bénéficier de la réforme sont identifiées, alors pour les 51 restantes, il ne reste plus que 2 chances sur 51 d’être les heureuses élues. Moralité, les 51 restantes votent contre et la réforme ne passe pas.
Ainsi, à supposer que la réforme des retraites soit bonne, le fait de n’avoir quasiment que joué sur le levier de l’âge de départ empêche cette réforme d’être populaire. En fait, cela explique même son impopularité évidente.
En effet, nous savons que les retraités, dont la pension ne bougera pas, de nombreux salariés et cadres ayant terminé leurs études après 20 ans et demi dont les cotisations n’augmenteront pas sont d’emblée identifiés comme les futures bénéficiaires (non perdants plutôt pour les retraites).
Chuck note au passage de façon surprenante que ce sont des représentants habituels de l’électorat de droite …
Ensuite, il y a certes un flou artistique sur d’autres mesures favorisant telle ou telle minorité de gens, mais la vérité est là: tous ceux qui ne sont pas parmi les futurs bénéficiaires évidents sont contre. Ce d’autant plus que pour certains, ils savent qu’ils sont parmi les bonnes poires qui paieront pour les autres!
Un mix entre le levier de la durée de cotisation ou le niveau des pensions d’un côté et de l’autre l’âge de départ aurait changé la donne, voire de supprimer le levier de l’âge de départ! (Chuck choisit volontairement un arbitrage simple).
Bref, le fait de ne pas admettre que chaque citoyen, au cours de sa vie, puisse faire des choix qui le mènent là ou là et que cela lui fera profiter plus ou moins de la réforme est une erreur.
Tout le monde ne fera pas un BAC+5, entre ceux qui le savent déjà (parce qu’il ne l’ont pas) et ceux qui estiment que leurs chances sont faibles, cela fait plus de la moitié.
En outre, si l’on vient répondre à Chuck que tout le monde peut faire des études BAC+5, alors malgré l’incongruité de l’hypothèse, si on l’accepte, la réforme ne servirait plus à rien!
C’est un problème d’inconsistance temporelle clair pour le gouvernement. Tout le monde va s’orienter dans la mesure du possible vers des choix impliquant d’avoir atteint ses 41,5 ans de cotisations à partir de 62 ans. Si tout le monde fait cela, et c’est en partie possible justement parce que tout le monde ne participe pas à l’effort nécessaire, et bien c’est une réforme inutile en plus d’être impopulaire. Le gouvernement est clairement en méforme!
Chuck est prêt à tordre façon chiro ou ostéo François F., Nicolas S. et les autres pour les remettre dans le bon sens!


[...] réforme des retraites en est une illustration parfaite. Comme expliqué dans un précédent post, tout dépend de qui est concerné par la réforme ou non. Dans ce post, nous partions du principe [...]