Voilà où nous en sommes rendus. Alors que la Tunisie et peut-être l’Egypte maintenant cherchent à se frayer un chemin vers la démocratie. Alors que malgré les errements diplomatiques (non non je ne pense MAM pas à quelqu’un en particulier), le concert des Nations saluent unanimement les valeurs portées par ces mouvements populaires. Alors qu’une des raisons qui ont poussé la population à se mobiliser est la crise économique. Que font les agences de notations? Moody’s en particulier.
Elles baissent la note d’abord de la Tunisie, juste après le départ de Ben Ali, puis maintenant celle de l’Egypte. Mais à quoi pensent-ils? Peut-être est-ce là une des raisons pour lesquelles Hessel demande à ce que nous nous indignons. Nous devrions trouver cela normal au nom de motifs économiques, et oui vous comprenez, on a là un risque d’instabilité politique qui peut nuire à la capacité de ces pays à rembourser leur dette.
Bon, si on récupère l’intégralité des avoirs des Ben Ali et des Trabelsi, à mon avis, c’est plutôt l’inverse qui va se produire. Une rentrée massive de plusieurs milliards d’euros (peut-être un peu moins, Chuck exagère un peu parfois…) dans les caisses de l’Etat peut difficilement nuire à la capacité d’un pays à rembourser une dette…
Plus sérieusement, on assiste là à ce qui devient de plus en plus choquant. Les incitations de certains acteurs du monde économique vont à l’encontre même de valeurs humanistes fondamentales. Est-ce que la Tunisie ou l’Egypte ont besoin de ça en ce moment? Ces agences n’ont-elles pas l’impression qu’en créant une situation économique encore plus précaire cela peut permettre aux dictateurs de revenir dans la place, pour restaurer la confiance des marchés?
Et puis bon, les investisseurs n’ont franchement pas besoin d’un Moody’s ou d’un Standard & Poors pour prendre leur décision par rapport à ces situations. Etait-il nécessaire d’en rajouter histoire que ceux qui n’imaginent pas que le mouvement actuel puisse nuire à la capacité de remboursement de la dette aient des doutes et retirent leurs billes.
Bref, il est évident qu’au départ ce n’est pas le rôle de ces entreprises que de soutenir les mouvements au Maghreb, mais le problème est justement que l’on se cache toujours ses incitations directes pour justifier de positions franchement aberrantes. Ces mous bien au chaud dans leurs bureaux qui donnent sur Wall Street enchaînent vraiment les boulettes. C’étaient déjà eux il me semble qui avaient mis des super notes aux résidus des subprimes, ignorant le pendant toxique de ces actifs et masquant de ce fait l’état réel du marché immobilier américain…
Chuck a l’impression que le monde marche sur la tête, pourtant il croyait être le seul à pouvoir le faire…

