Alors que le même jour, la commission rendait son rapport au sujet des conflits d’intérêts, nous apprenions que Nicolas S. a été faire un petit tour auprès des 300 membres du son cercle des généreux donateurs.
D’abord, le fond. Comment est-il possible de faire un tel grand écart? A la fois s’indigner des éventuels conflits d’intérêts notamment à l’Assemblée Nationale et dans le même temps, honorer ses généreux donateurs. Il est évident que ceux-ci, via la présence du chef de l’Etat, comprennent qu’il tient à les connaître et donc est soucieux de leur bien-être. Il va de soi qu’un généreux donateur ne l’est pas simplement pour avoir le droit de voir Nicolas S. en chair et en os.
Ils attendent en retour des renvois d’ascenseurs et des coups de pouce. Choses que Nicolas S. sait très bien faire, selon toute vraisemblance. On dira à Chuck “oui mais c’est bien normal de les remercier”. Alors là (pas la hein), Chuck dit non, n’inversons pas les causalités. Si ces généreux donateurs sont si généreux c’est parce qu’ils savent ce qu’ils ont à gagner avec Nicolas S. président, comme une suppression de l’ISF par exemple (pris au hasard bien sûr …). Donc le don est simplement un acte rationnel qui vise à accroître les chances que leur candidat soit élu, rien de plus.
Ensuite, remercier peut se faire plus solennellement, par un courrier par exemple, pour la politesse. Ainsi, la présence discrète de Nicolas S. auprès de son cercle, d’ailleurs le fait qu’elle soit discrète reflète bien ce qu’il sait être la perception que le public en a, a un sens au-delà de ce simple intérêt mutuel qu’ils partagent, au nom de leurs valeurs communes. Elle veut dire que Nicolas S. veut leur rendre des faveurs au-delà des lois générales qu’il pourra faire passer qui leur seraient déjà favorables. En outre, ces lois seraient déjà suspectes car elles aussi peuvent être justifiées par les intérêts des donateurs.
La commission sur le conflit d’intérêt souligne bien que le problème n’est pas tant que celui-ci soit avéré mais qu’il soit possible, que le doute existe. Et là (non pas la) le moins que l’on puisse dire est qu’ils sont nombreux ces doutes, donc, partant de cela cette présence pose problème. Ce d’autant plus qu’il n’agit plus seulement en tant que candidat mais également en tant qu’actuel président de la République, ce qui assombrit encore un peu plus le tableau, surtout lorsque l’on voit les propos rapportés dans la presse.
La forme donc. Il aurait dit qu’il n’y avait pas un enseignant dans la rue, que ce serait une victoire. Selon Chuck, c’est une très mauvaise analyse. En effet, il y a pour l’instant une forme de dépit chez tous les citoyens français. Est-ce pour autant qu’ils acceptent? Non, mais ils prennent leur mal en patience. Ainsi, et surtout après la réforme des retraites, croire que l’on peut sentir le pouls de l’opinion publique au nombre de manifestants est clairement une erreur. Les gens sont exaspérés, mais entrevoient 2012.
Les 35h et l’ISF, un scandale selon lui. Voilà un beau programme pour nos riches patrons donateurs. A moins que, à moins que, les membres du 1er cercle ne soient pas des patrons mais des ouvriers et des salariés… Ils font des économies depuis 2007 pour donner au président. Peut-être même sont-ils dans la merde parce qu’ils ont contracté un emprunt pour pouvoir donner plus de 3000 € à la campagne de Nicolas S. Et oui, naïfs que nous sommes, nous pensions que les donateurs étaient tout autres. En fait, ce sont des ménages surendettés et Nicolas S. ne leur fait pas de cadeau! Ca fleure le futur scandale des subprimes à la française. Des ménages qui ont des dettes à taux variable et qui voient leur investissement perdre énormément de valeur. Oui, car bien que Nicolas S. dise que les sondages et bien ça ne veut rien dire, il faut reconnaître qu’avec un investissement dans un actif qui est passé de 60% à à peine plus de 30%, ils n’ont pas eu le nez creux. Ils sont tombés en plein sur une bulle politique, le monde n’a qu’à bien se tenir, voici une nouvelle crise. Et Chuck n’est pas sûr que, compte tenu de la nature de celle-ci, Dominique S. K. se battra pour que le FMI prête à la France …
Bon, Chuck qui sous le nom d’emprunt de John Paulson vient de gagner un peu plus de 5 milliards de dollar en 2010 veut bien dépanner un peu…

