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Trambert fait la loi…

Cela me surprend qu’une telle annonce ne soit pas plus commentée dans les médias, alors j’y remédie.

Vous avez pu lire ou entendre, par exemple ici, que Xavier Bertrand compte proposer un projet de loi à Christine Lagarde. Première parenthèse, si certains avaient encore des doutes sur le souhait de Baby Face de briguer au moins le poste de ministre de l’économie lors du prochain remaniement, je pense que ceci est assez illustratif, je ferme la parenthèse.

Non, ce qui a interpelé Chuck est surtout le contenu du projet de loi. Citons les échos: “la mise sous condition des allègements de cotisations patronales”. Vous vous direz: “mais enfin Chuck, tu devrais être content”. Non! Ceci car ce qui le dépasse c’est que si la droite se met à légiférer sur ce genre de chose, alors Chuck aimerait réellement comprendre ce pour quoi elle dirige.

C’est vrai ça, nonmého! La gauche, idéologiquement, incarne les valeurs sociales qui ont vocation a défendre les salariés. Elle incarne également les principales valeurs de solidarité et de partage. Mais elle a toujours dû faire face à un problème: les patrons sont principalement de droite et donc ne sont jamais d’accord avec elle. Dès lors, elle était contrainte de légiférer, comme dans le cas des 35h, afin d’imposer ses vues au patronat. Solution pas nécessairement idéale car les entreprises étaient alors incitées à tout faire pour contourner la règlementation, la gauche n’osant pas non plus faire appliquer la loi de façon rigoureuse de peur que l’on croit à un acharnement et probablement pour ne pas faire fuir un électorat de gauche orienté au centre, façon DSK.

Bref, la droite, selon Chuck, a cet avantage qu’elle est l’alliée du patronat. Ainsi, une mesure visant à inciter les entreprises à augmenter les salaires, ou à embaucher plus, se veut être efficace puisque l’on attend des entreprises qu’elles “jouent le jeu”, dans la mesure où ce sont leurs “potes” qui ont mis en place la dite mesure. Que nenni! En fait, et cela confirme ce que Chuck a toujours cru, les patrons français souffrent d’une frilosite aigue, ils sont mous et préfèrent toujours ne pas engager trop de dépenses malgré les gains, de peur d’une situation future moins bénéfique. Ainsi, le gouvernement de droite se retrouve à obliger ses alliées à faire ce qu’il attend d’elles.

Chuck se demande à quoi la droite peut-elle bien servir. En effet, l’intérêt éventuel que l’on pouvait lui trouver était de pouvoir faire passer en douceur des mesures, certes moins ambitieuses. Aujourd’hui, il est clair que ce n’est pas le cas. De façon très générale, vouloir orienter sur le social se fera systématiquement contre les entreprises. Aussi, quitte à avoir des mesures sociales au prix de batailles contre le patronat, autant que ce soit la gauche qui le fasse!

Bon, la droite s’est déjà pris un paquet de coups de la part de Chuck. Ce dernier a pitié et se contente de plisser la bouche et souffler dedans pour lui postillonner dessus.

Il est temps de faire resurgir incredible Chuck. En effet, celui-ci était largement occupé à rédiger une thèse sur les coups de pieds sautés rotatifs tournoyant. Il n’eut pour ainsi dire trop peu de temps pour réagir aux récents évènements sociaux.

Le billet sera court car tout n’est pas encore terminé du côté de la tatane rotative. Mais il fallait tout de même réagir, certes avec un peu de retard.

En particulier, à l’offusquement du gouvernement face au maintien de la grève alors que celui-ci a généreusement proposé de négocier. Il utilisait même cet argument massue: “pas de négociation sans la fin des grèves”, imparable… Néanmoins, je fais partie de ceux qui estiment que les négociations sont du devoir d’un gouvernement à l’écoute des inquiétudes de son peuple.

Or une grève est faite pour obtenir des choses. Obtenir ce à quoi on aurait le droit en tant que citoyen, c’est un comble tout de même. C’est pourtant bien ce que le gouvernement estime être le but de l’action des grévistes, vues ses déclarations suite à sa proposition de négocier. Alors oui les grèves ça fait chier, mais compte tenu de l’attitude du gouvernement, il est essentiel de les soutenir afin que celui-ci comprenne comment il convient de procéder lorsque l’on est dans un pays démocratique.

Ainsi, on s’offusque d’une grève qui se bat pour obtenir ce à quoi elle a droit. Il faut remarquer la dérive dangereuse vers une société dirigée par une bande d’illuminés qui croient qu’obtenir des votes et donc un mandat de 5 ans les dispense de s’intéresser aux opinions du peuple. C’est sûr qu’à cinquante, ils sont capables d’entrevoir tous les problèmes liés à une réforme aussi vaste que celle des retraites. Rappelons que le mandat est sur le pouvoir décision. En aucun cas les votes ont conféré, façon “I know Kung fu” de matrix, la connaissance absolument parfaite des problèmes que connait actuellement notre société au Président ainsi qu’au gouvernement.

Mais voilà, c’est le commerce du futur, le futur tout court même. Tout comme on peut désormais acheter des packs “prêts à l’emploi”, et bien c’était pareil pour celui qui fut élu Président en mai dernier. Un président “prêt à l’emploi”, avec ces petites idées qu’il applique sans discernement. Oui, car le souci du prêt à l’emploi est que certes c’est rapide, mais ce n’est jamais vraiment adapté ou exactement ce que l’on aurait souhaité. Ceci n’est pas trop gênant lorsqu’il s’agit d’un bien acheté dans le commerce mais est bien plus problématique dans le cas de 5 ans de politique présidentielle.

Bref, cette dérive thatcherienne n’est pas franchement pour plaire à Chuck qui pousse le gouvernement dans la tombe avant qu’il n’en enlève son pied et le sanctionne d’un fulgurant coup de chouzes dont il a désormais le secret.

Chuck is back!

Et oui, vous êtes un certain nombre à l’avoir plébiscité, alors Chuck revient de ses vacances / entraînements.

Cela tombe bien, il est chaud comme la braise!

Alors voilà t’y pas qu’hier matin, chuck, écoutant la radio comme à son habitude, entend le premier ministre déclarer que si le service minimum est un succès pour les transports, alors il sera appliqué aux autres services publics.

Bon, il est important de reprendre certaines choses. Tout d’abord, rappeler que jusqu’alors, seuls les soldats sont privés du droit de faire grève, pour des raisons de sécurité nationale. La logique est relativement simple, pas compliqué pour un stratège des bacs à sable de décider d’attaquer la France un jour de grève, ça ne ferait pas très sérieux donc pas possible.

Là, on s’est tout d’abord attaqué aux transports publics. Fondamentalement, je ne suis pas franchement pour. Premièrement, la Ratp a déjà mis en place un système comparable et il faut reconnaitre que les dernières grèves furent bien moins gênantes que les précédentes. Secundo, sur le principe, cela revient à refuser marginalement le droit de grève à certains. En effet, si 100% des employés veulent faire grève, alors le service minimum impose à une partie des grévistes potentiels de ne pas faire grève. Enfin, je suis généralement solidaire de leurs mouvements quand bien même cela crée des désagréments. Puis aujourd’hui y les vélib’ !!! Tout ça pour dire que l’on est loin de l’objectif de sécurité nationale. Avec le terrorisme ambiant j’ajouterais même qu’une bonne grève réduit le risque qu’un métro ne soit pris pour cible … bon trêve de cynisme.

Bref, d’un autre côté, j’admets aussi que certains mouvements peuvent être réellement dérangeants. Mais de là à appeler cela une prise en otage, je pense que l’on dépasse les bornes.

Donc, tout ça pour dire que la mise en place du service minimum consiste dans la pratique, au niveau du transport public, à organiser la gestion des non grévistes. Tant que le but est celui-ci, alors pourquoi pas, cela s’apparente à un coup d’épée dans l’eau dans la mesure où les entreprises de transport public auraient tout à fait pu, et pour certaines l’ont déjà fait, gérer cela elles-mêmes.

Bien, il en va autrement d’autres services publics comme l’éducation nationale. Ceci car déjà tous les profs ne sont pas interchangeables. Si 2 conducteurs sur 5 font grève sur la ligne 9 contre 4 sur 5 sur la ligne 3, alors il est facile de dire à de la ligne 9 de passer sur la ligne 3. Cela n’est pas possible entre un prof de maths et un prof d’anglais. Ensuite, car les personnels enseignants sont répartis dans des structures bien plus petites. Dans de nombreux établissements, ils sont une trentaine à officier en même temps. Dire que l’on veut au minimum 20% de non gréviste à une échelle de 900 personnes ou de 30 fois 30 personnes n’est pas la même chose, c’est bien moins contraignant.

Mais de façon plus générale, ce qui me gêne profondément avec cette logique. C’est que cela revient à remettre en partie en cause le droit de grève dans le service public sous prétexte que c’est une “prise en otage” des citoyens.
J’ai comme l’impression que dans ce discours, les politiques oublient un petit, mais alors tout petit détail hein. A la base, les grèves sont décidées car il n’y a pas eu de dialogue, ou bien parce qu’il y a eu une incompréhension ou une mesure injuste. Ainsi, un autre moyen de réduire le nombre de gréviste, voire de ne pas avoir de grève, est de dialoguer, de ne pas prendre des décisions dans le dos et sans consultation.

D’aucuns argueront que ce raisonnement revient à ne rien pouvoir faire passer, même les décisions nécessaires. Ce à quoi je répondrai que non! (of course). Car le principe de la grève automatique et sans raison, alors qu’il y a eu communication et dialogue, etc… ne concerne qu’une toute petite fraction des employés (ce qui irait bien au-delà de l’ambition du service minimum).
Donc moralité de l’histoire, légiférer sur le service minimum est inutile. En outre, il serait bien plus appréciable de considérer le dialogue social comme étant un pré requis à toute décision. Une fois de plus, le principe du dialogue n’est pas respecté sur le service minimum et des grèves s’annoncent. Alors que l’on sait qu’il est très rare que des grèves rassemblent plus de la moitié des salariés d’une entreprise publique ou privée.

Les gens ont trop souvent tendance à croire qu’une grève n’est pas coûteuse. Cela est faux. Jamais un gréviste ne récupère l’intégralité des jours chômés, loin s’en faut. Alors certes il n’a pas travaillé, le contraire ne serait pas normal bien sûr. Mais quoiqu’il en soit, lorsqu’une grosse majorité fait grève, c’est qu’il y a réellement un problème de communication.
Typiquement, l’attitude de l’actuel gouvernement est scandaleuse car son but est d’opposer les usagers des services publics, les citoyens, à ceux qui les procurent. Dans le même temps, lorsque cela les arrange, on invite les citoyens à la compassion pour ce pauvre chauffeur de bus sans moyen qui s’est fait tabassé. Mais si il fait grève pour se plaindre de ses conditions de travail, alors il prend en otage les citoyens. Les français aiment leur service public et ils devraient se rendre compte que les grèves signalent aussi, parfois, que ce service public est remis en cause par les décisions prises.

Pas de dialogue, une communication à double usage pour in fine faire croire que le service public est truffé de profiteurs. Alors qu’il est de notoriété publique (et statistique) que les salaires dans le public croissent bien moins rapidement que dans le privé! Voilà une raison pour laquelle les grèves peuvent être justifiées et qu’elles sont plus nombreuses dans le public que dans le privé.
Bref, pour tout cela et bien plus encore, je pense que notre premier ministre est un dangereux personnage. Chuck Norris jump super haut et fait “kawwwaaaa”, il bouge ses bras très vite et ébouriffe les cheveux de playmobil.

Non content d’avoir été élu sur une campagne basée principalement sur un programme économique qui, à l’évidence, n’est pas tenable (pas équilibré budgétairement parlant).

Non content d’avoir été élu en se faisant les représentants du renouveau, de la rupture, alors que c’est un gouvernement de droite qui était précédemment au pouvoir.

Non content d’incarner le changement en intronisant ministre un nombre important de personnalités loin d’être nées de la dernière pluie (Juppé, Bachelot, Bertrand, Boutin, etc …) qui ont pour la plupart déjà pu faire preuve de leur velléités de changement (pas flagrantes).

Le premier ministre enfonce le clou dans un discours prononcé hier soir. Il parle de gauche en noir et blanc, de social du bout de doigts…
Comme je l’ai déjà mentionné, le gouvernement sortant est droite (et comportait un certain nombre d’actuels ministres en son sein). A entendre Fillon, on sort de 14 années de gauche. Non, le noir et blanc est belle et bien cette vieille droite qui gouvernait jusqu’alors. Du changement donc? Non, mais elle s’assume nous dit-on. Donc notre nouveau gouvernement n’est pas en couleur mais colorisé, comme ces vieux films que l’on ressort en ajoutant grossièrement des couleurs vives, ça attire. Rien ne le distingue des précédents, de gauche comme de droite d’ailleurs. J’en veux pour preuve que la tranche qui a voté massivement en faveur de Sarkosy est celle des 65 ans et plus. Donc ils arrivent, ils sont jeunes et croient pouvoir tout changer … ils ne feront pas mieux que les autres en s’y prenant comme cela.

En outre, le social du bout des doigts est une notion honteuse qui témoigne de la méconnaissance (ou plus probablement de la volonté de ne pas le reconnaître) des années passées. Les 35h ont certes leurs défauts, tout comme le RMI, mais on ne peut parler de social du bout des doigts.
Désormais, le social sera charité. En abaissant le bouclier fiscal, en supprimant les droits de succession et en augmentant massivement la TVA (seule solution qui permettrait de financer en partie le programme économique du gouvernement actuel), nous allons vers des riches plus riches et des pauvres plus pauvres. Ces derniers n’auront plus qu’à se remettre aux actes charitables des riches plus riches, en espérant que ceux-ci préfèrent leur donner une partie de leur surplus plutôt que de le placer sur divers produits financiers.

Pour conclure, tenir un tel discours est dangereux. Ne pas reconnaître les bonnes choses du passé, ou à défaut les bonnes volontés du passé, ne peut permettre d’aller dans la bonne direction. Croire que l’on peut tout reconstruire, alors que plusieurs milliers d’années d’histoire s’entremêlent dans les causes réelles des choix passés (et non simplement la tendance politique comme Fillon aimerait le faire croire) est d’une prétention qui me dépasse. Les erreurs donnent des informations précieuses, tout négliger nous mènera simplement à une nouvelle batterie d’erreurs.

Alors je ne vois pas comment, avec ce genre d’idéologie, il est possible que les choses s’améliorent pour tous. Car plus grave que mon désaccord politique avec l’actuel gouvernement, je suis inquiet par leur conception de la politique: show-biz et communication, où l’effet d’annonce est le plus important. N’importe quel économiste vous le dira, une crédibilité, cela se travaille (je ne parle pas que de celle du gouvernement, mais de l’Etat), à force de jouer avec les effets d’annonce, on ne devient plus crédible. Dès lors que les dirigeants ne seront plus cru, l’effort pour retrouver une crédibilité pour l’Etat français sera coûteux et long.

Bien entendu, tous les changements nécessaires à la France ne sauraient être mis en place dans une situation où le peuple et les autres Etats ne croient plus la parole de l’Etat français.

Les médias sont aujourd’hui aussi composés des blogs.

A ce titre, je me dois de relayer un post fait sur socialisTIC (le lien se situe sur votre droite … plus bas … là! Vous l’avez?)

Donc vous trouverez le post ici.

Le point abordé est crucial. Prenons l’exemple de Paris dans son ensemble. Sarkozy y fait un tout petit peu plus de 50% … à lui Paris? Non, car il passe la barre des 50% grâce à des scores faramineux dans deux arrondissements de l’ouest parisien.

Concrètement, sur une circonscription, que l’on fasse 50,01% ou 99% ne change rien, on la gagne mais les voix excédentaires ne sont pas reportées sur les autres circonscriptions. Donc si l’on désagrège quelque peu, on voit que Royal l’emportait dans 12 des 20 arrondissements parisiens. Et si l’on désagrège encore plus, on voit également que dans les arrondissements gagnés moins largement par sarkozy, certains bureaux de vote ont voté massivement en faveur du candidat de droite (dans les mêmes proportions que dans le XVIè et le VIIè), donc à nouveau, cela implique que certes, certaines circonscriptions parisiennes sont massivement en faveur du candidat de l’UMP, mais que sur les autres, la gauche a largement sa place.

Ceci c’était pour l’aspect décompte sans logique. Pour ce qui est des règles statistiques, je vous laisse lire le post susmentionné, tout y est.

Donc les instituts de sondage ont bien le droit à leur réaction de Chuck qui s’associe à socialisTIC pour leur écraser la tête entre les plats de ses deux mains, ça leur fait une bouche rigolote!

Hahaha …

Fillon a dit, il faut impérativement remporter sa circonscription pour être maintenu au gouvernement.

Tout d’abord, c’est un parfait retour en arrière par rapport à l’idéologie du non cumul des mandats. Pour un gouvernement qui doit travailler plus pour plus de résultat, cela semble paradoxal. A moins que le petit mandat de député fasse office d’heures supplémentaires, pourquoi pas, auquel cas la rémunération des députés va être défiscalisée, grande nouvelle.

Surtout, quelles chances peut-on donner aux candidats de gauche de l’UMP. Je pense que peu de socialistes voteront pour eux et j’ai du mal à croire que les sympathisants UMP suivent massivement. Autrement dit, voici un beau tour de passe-passe de façon à se débarrasser fissa des perturbateurs de gauche après avoir emporter les élections sur une image d’ouverture.

Donc méfiez-vous, ceux qui se laissent berner par la poudre que Sarkozy vous jette aux yeux. C’est un homme qui a toujours incarné une droite dure, ça le restera. Ne succombez pas aux sirènes de cette UMP qui ose mentir pour gagner, qui ose duper les électeurs pour l’emporter, bref cette UMP décomplexée.

Chuck d’argent

Allez, rapidement,

nous pouvons décerner le Chuck d’argent pour traitrise à Claude Allègre. Seulement l’argent, car il ne fait que copier le lauréat du Chuck d’or.

Mais il faut tout de même le faire. Là où cela est intéressant, c’est que lui, ne l’assume pas. Je ne me souviens plus de l’excuse exacte d’Allègre pour justifier de sa présence au siège de l’UMP, mais c’était du grand art. Quelque chose dans le genre “Ah, nous ne sommes pas rue Solférino???” ou “Les moulures de ce bâtiment sont franchement superbes. Oui, je suis un grand fan de moulure..”

Donc il n’a que l’argent, mais le fait qu’il ne l’assume pas lui permet d’obtenir une mention spéciale du jury pour lâcheté aggravée, c’est pas mal quand même hein.

Laisser faire

Nicolas Sarkosy a fait de nombreuses sorties médiatiques afin de signaler sa position face à l’idéologie post soixante-huitarde qui était trop tolérante et le symbole, selon lui, du laisser faire à tout va.

Laisser faire? Cela indique que certaines personnes se retrouvent à pouvoir se permettre de faire certaines choses à cause de la passivité de la justice.

Alors reprenons. Notre cher Président, fraîchement élu, s’envole sur le jet privé de Vincent Bolloré, son ami, pour rejoindre Malte et le yacht de ce même Vincent Bolloré.

Je passe outre le discours justifié sur l’aspect ironique d’un candidat qui plaide pour une réduction du train de vie de l’Etat, en particulier de ses fonctionnaires, et qui en l’espace de 24h, se sera goinfré au Fouquet’s, puis y aura passé la nuit pour enfin partir 3 jours en villégiature sur un yacht grand luxe.
Il faut tout de même signaler que Bolloré est un homme d’affaires important, dont les intérêts dépendent directement de pas mal d’actions de l’Etat, dirigé par son ami Sarkozy. Cela ressemble tout de même à un conflit d’intérêt, ou plutôt à une convergence d’intérêt. Qui croit une seule seconde que Sarkozy ne va pas renvoyer l’ascenseur à son ami?

Gouverner pour tous les Français? Pas sûr, à moins que vous ne prêtiez vos rollers à Sarko.

Quitte à s’assumer, autant le faire à fond, ce matin on apprend que moins d’une semaine après l’accession au pouvoir de Sarkozy, une perquisition a lieu dans un journal satirique réputé pour ses banderilles corrosives à l’encontre du futur Président, le Canard Enchaîné. La perquisition a pour objet l’affaire Clearstream, comme par hasard, où justement le nom de Sarkosy était évoqué. Cela ne ressemble-t-il pas à un léger contrôle des médias. Discret bien sûr, simplement pour faire comprendre que les moyens de pression sur le Canard sont autrement plus puissants qu’auparavant.

Bref, les fonctionnaires, eux ne doivent pas faire acheter une gomme de trop, sinon ils s’engraissent. Les resquilleurs de transports publics n’ont qu’à bien se tenir, le laisser faire n’est plus d’actualité.
En revanche, la délinquance des cols blancs, qu’elle passe par des relations douteuses avec des industriels ou bien par le contrôle des médias, est vivement encouragée. Il faut s’assumer on vous dit.

Chuck appelle cela du laisser faire. Dois-je rappeler que lors de son second entretien avec M. Onfray, Sarkozy a lui-même fait l’apologie de la transgression des lois. Il expliquait alors que l’intérêt de l’existence des lois, c’est la joie, l’excitation de les transgresser. Il n’hésitera donc pas une seconde à le faire.

Chuck se demande combien de temps la droite va pouvoir s’assumer sans que personne ne se rende compte que lorsqu’elle s’assume, elle frôle l’illégalité, que la moralité si chère à Sarkosy n’a pas lieu d’être lorsqu’il s’agit de son bien-être et que le dindon de la farce, ce seront les Français.
Bref, Chuck envoie un bon coup de coude bien senti dans tous ceux qui vilipendent le laisser faire tout en assumant le leur.

Chuck d’or

Certes, j’avais promis qu’ils seraient décernés en fin d’année.

Mais, il y a certains prétendants qui ont tellement mis le paquet, que nous pouvons sans risque leur décerner dès maintenant leur récompense.

En effet, Eric Besson a fait preuve de lâcheté puis de traitrise, le tout en l’espace de quinze jours. Nous pensons que c’est trop pour être surpassé.

Tout d’abord, alors qu’il est dans l’équipe resserrée de Ségolène Royal, il quitte le navire sur quelques désaccords alors qu’il s’est occupé du budget. Première réaction: bon, travailler avec Ségo ne semble pas évident, mais il aurait pu prendre sur lui et éviter de faire cela en pleine campagne. Pas terrible.

A ce niveau, l’organisation des Chuck d’or a pris contact avec lui pour lui signaler qu’il était dans les nominés. Mais que, étant donnée la concurrence, il allait falloir faire bien mieux pour l’emporter. Notamment, Bernard Tapie qui se disait de gauche mais s’apprêtait à voter Sarkozy avait marqué pas mal de points. Première place d’alors renforcée, lorsqu’il annonçait fièrement qu’il avait refusé un poste de député offert par François Bailey, un alcool ni fort ni doux mais au milieu, pour ne pas diviser la gauche!

Que n’avions nous pas dit! Totalement galvanisé par l’enjeu, il rejoint quelques jours plus tard l’équipe de campagne de Sarkozy avec à la clé un probable secrétariat à l’économie et l’incroyable incarnation de l’aile gauche de l’UMP… on file droit vers le parti unique là!
Il a pris tout ses adversaires par surprise. Bernard Tapie ne s’en est pas remis, il redevenait de gauche le soir de l’élection de Sarkozy. Beau changement Bernard, mais tu n’es pas au niveau, désolé! Sans rancune!

Bref, suite à cette performance sans précédent, le jury des Chuck d’or a décidé, dès maintenant, de lui décerner ce prix qui récompense une action des plus courageuses, en particulier en politique. Une fidélité dans l’engagement qui fait cruellement défaut au paysage politique français aujourd’hui. Enfin, et c’est le principal, preuve que oui, une idéologie est encore présente en politique, qu’on se le dise.

Félicitations!

Nous voici quelques jours après l’élection de Nicolas Sarkozy.

Petite réflexion quant aux changements qui s’annoncent. Cette réflexion n’est pas basée sur de grands faits mais sur un sentiment … de déjà-vu.

Dimanche, place de la Concorde, les peoples célébraient micro à la main la victoire de leur candidat. Alors que j’observais d’un oeil distrait, il m’est apparu quelque chose de surprenant.

Primo, les chanteurs, Enrico Macias, Johnny Halliday, Mireille Mathieu. Ils ne sont tout de même pas de la première fraîcheur. A part le deuxième, il semblerait même que ce soutien bienvenu leur apporte à nouveau le devant de la scène alors que plus grand chose ne se passait dans leurs carrières.
Faudel, dont les succès remontent déjà à quelques temps, lorsqu’il surfait sur une vague Raï dont il n’était pas l’instigateur.
Tina Arena, n’étant pas française quant à elle, était sûrement là moyennant un beau cachet. En outre, ces principaux succès remontent à une bonne dizaine d’années.

Bref, si l’on ajoute le soutien de Sardou. Le changement ne me semble pas flagrant. Ou plutôt, il l’est, pas dans le sens du temps, mais en le remontant.

Tout comme les petites chemises qui font bien avec le petit pull moulant qui fait bien avec la petite chemise qui fait bien, qui étaient présents pour célébrer la victoire de leur candidat… des Charles-Henri, Edouard, Edouard-Henri, Charles-Louis ou encore des François-Charles … Que des noms de rois de France! Est-ce cela le changement, un retour à la monarchie.

Finalement oui, ce doit être cela, la droite qui s’assume dont on nous rabâche les oreilles depuis quelques jours: la monarchie.

Entre les vibratos infernaux de Mireille, dignes des voix radiophoniques du début du siècle dernier, les Laï Laï Laï d’Enrico qui fleurent bons les années 70 et les petits prénoms qui font bien, tout droit sortis de nos bouquins d’histoire, je crois que nous avons une idée du changement proposé.

Chuck leur met une tape amicale, il n’est pas non plus de la dernière pluie après tout! Mais vu qu’ils ne sont pas bien solides, ils s’écroulent, tant mieux.

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