Chuck is back!
Et oui, vous êtes un certain nombre à l’avoir plébiscité, alors Chuck revient de ses vacances / entraînements.
Cela tombe bien, il est chaud comme la braise!
Alors voilà t’y pas qu’hier matin, chuck, écoutant la radio comme à son habitude, entend le premier ministre déclarer que si le service minimum est un succès pour les transports, alors il sera appliqué aux autres services publics.
Bon, il est important de reprendre certaines choses. Tout d’abord, rappeler que jusqu’alors, seuls les soldats sont privés du droit de faire grève, pour des raisons de sécurité nationale. La logique est relativement simple, pas compliqué pour un stratège des bacs à sable de décider d’attaquer la France un jour de grève, ça ne ferait pas très sérieux donc pas possible.
Là, on s’est tout d’abord attaqué aux transports publics. Fondamentalement, je ne suis pas franchement pour. Premièrement, la Ratp a déjà mis en place un système comparable et il faut reconnaitre que les dernières grèves furent bien moins gênantes que les précédentes. Secundo, sur le principe, cela revient à refuser marginalement le droit de grève à certains. En effet, si 100% des employés veulent faire grève, alors le service minimum impose à une partie des grévistes potentiels de ne pas faire grève. Enfin, je suis généralement solidaire de leurs mouvements quand bien même cela crée des désagréments. Puis aujourd’hui y les vélib’ !!! Tout ça pour dire que l’on est loin de l’objectif de sécurité nationale. Avec le terrorisme ambiant j’ajouterais même qu’une bonne grève réduit le risque qu’un métro ne soit pris pour cible … bon trêve de cynisme.
Bref, d’un autre côté, j’admets aussi que certains mouvements peuvent être réellement dérangeants. Mais de là à appeler cela une prise en otage, je pense que l’on dépasse les bornes.
Donc, tout ça pour dire que la mise en place du service minimum consiste dans la pratique, au niveau du transport public, à organiser la gestion des non grévistes. Tant que le but est celui-ci, alors pourquoi pas, cela s’apparente à un coup d’épée dans l’eau dans la mesure où les entreprises de transport public auraient tout à fait pu, et pour certaines l’ont déjà fait, gérer cela elles-mêmes.
Bien, il en va autrement d’autres services publics comme l’éducation nationale. Ceci car déjà tous les profs ne sont pas interchangeables. Si 2 conducteurs sur 5 font grève sur la ligne 9 contre 4 sur 5 sur la ligne 3, alors il est facile de dire à de la ligne 9 de passer sur la ligne 3. Cela n’est pas possible entre un prof de maths et un prof d’anglais. Ensuite, car les personnels enseignants sont répartis dans des structures bien plus petites. Dans de nombreux établissements, ils sont une trentaine à officier en même temps. Dire que l’on veut au minimum 20% de non gréviste à une échelle de 900 personnes ou de 30 fois 30 personnes n’est pas la même chose, c’est bien moins contraignant.
Mais de façon plus générale, ce qui me gêne profondément avec cette logique. C’est que cela revient à remettre en partie en cause le droit de grève dans le service public sous prétexte que c’est une “prise en otage” des citoyens.
J’ai comme l’impression que dans ce discours, les politiques oublient un petit, mais alors tout petit détail hein. A la base, les grèves sont décidées car il n’y a pas eu de dialogue, ou bien parce qu’il y a eu une incompréhension ou une mesure injuste. Ainsi, un autre moyen de réduire le nombre de gréviste, voire de ne pas avoir de grève, est de dialoguer, de ne pas prendre des décisions dans le dos et sans consultation.
D’aucuns argueront que ce raisonnement revient à ne rien pouvoir faire passer, même les décisions nécessaires. Ce à quoi je répondrai que non! (of course). Car le principe de la grève automatique et sans raison, alors qu’il y a eu communication et dialogue, etc… ne concerne qu’une toute petite fraction des employés (ce qui irait bien au-delà de l’ambition du service minimum).
Donc moralité de l’histoire, légiférer sur le service minimum est inutile. En outre, il serait bien plus appréciable de considérer le dialogue social comme étant un pré requis à toute décision. Une fois de plus, le principe du dialogue n’est pas respecté sur le service minimum et des grèves s’annoncent. Alors que l’on sait qu’il est très rare que des grèves rassemblent plus de la moitié des salariés d’une entreprise publique ou privée.
Les gens ont trop souvent tendance à croire qu’une grève n’est pas coûteuse. Cela est faux. Jamais un gréviste ne récupère l’intégralité des jours chômés, loin s’en faut. Alors certes il n’a pas travaillé, le contraire ne serait pas normal bien sûr. Mais quoiqu’il en soit, lorsqu’une grosse majorité fait grève, c’est qu’il y a réellement un problème de communication.
Typiquement, l’attitude de l’actuel gouvernement est scandaleuse car son but est d’opposer les usagers des services publics, les citoyens, à ceux qui les procurent. Dans le même temps, lorsque cela les arrange, on invite les citoyens à la compassion pour ce pauvre chauffeur de bus sans moyen qui s’est fait tabassé. Mais si il fait grève pour se plaindre de ses conditions de travail, alors il prend en otage les citoyens. Les français aiment leur service public et ils devraient se rendre compte que les grèves signalent aussi, parfois, que ce service public est remis en cause par les décisions prises.
Pas de dialogue, une communication à double usage pour in fine faire croire que le service public est truffé de profiteurs. Alors qu’il est de notoriété publique (et statistique) que les salaires dans le public croissent bien moins rapidement que dans le privé! Voilà une raison pour laquelle les grèves peuvent être justifiées et qu’elles sont plus nombreuses dans le public que dans le privé.
Bref, pour tout cela et bien plus encore, je pense que notre premier ministre est un dangereux personnage. Chuck Norris jump super haut et fait “kawwwaaaa”, il bouge ses bras très vite et ébouriffe les cheveux de playmobil.