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« Oust! » hérité

Et oui, les plans sociaux s’accumulent, des milliers de « Oust! » simultanés. Leur ampleur ainsi que le faible délai depuis le changement de majorité impliquent qu’ils étaient au moins dans les tuyaux depuis des mois.

Sans nécessairement arguer que ce décalage était opportunément organisé pour favoriser un parti politique, il est certain qu’il était opportun politiquement pour le camp qui finalement a perdu. Ces groupes industriels ont fait en sorte de nier le fait qu’ils travaillaient sur des plans sociaux massifs depuis longtemps, le choc en est d’autant plus rude. En quelques mots, ils se sont bien foutus de notre gueule!

Néanmoins, le problème consistant à savoir si oui ou non les annonces des ces plans ont été délibérément décalées, ce qui poserait évidemment question et nécessiterait une action judiciaire, n’est pas le plus important à court terme. L’accumulation des plans de suppression d’emploi, pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines de milliers comme dans le cas de PSA (avec les emplois indirects), est le signe on ne peut plus clair de l’effet de l’austérité.

Les plans se succèdent, sont toujours d’une ampleur plus grande, et vont laisser un nombre très important de salariés sur le carreau. Si 100000 personnes se retrouvent au chômage dans des délais aussi brefs, alors cela va diminuer la demande de façon importante et donc enclencher des plans sociaux en cascade. Ces plans ne sont donc pas la finalité de la crise, mais le commencement de la fin, et tout ceci est dû au choix qui a été fait par l’ensemble de l’Europe de ne mettre en oeuvre que des plans d’austérité. Oui, cela aussi constitue un héritage lourd! Dommage qu’il n’y ait pas eu plus de droits de succession sur cet aspect…

Il plus que temps d’arrêter les frais, il faut impérativement des éléments de relance de la croissance car la réduction des charges pesant sur les entreprises ne va en rien être générateur de croissance à court terme, cela va simplement leur permettre d’avoir des marges un peu moins faibles et donc cela devrait leur permettre de « créer plus de valeur », mais cette valeur créée sera le fruit d’un transfert via la hausse de la CSG, donc d’une valeur détruite ailleurs. Aussi, il faut mettre beaucoup de monde dans l’emploi sinon c’est la mort à petit feu assurée!

Chuck pense à ce parallèle que tout citadin a connu. On arrive à un arrêt de bus et l’on attend. Au bout de 5 minutes, on se demande et puis finalement on se dit que bon, on peut attendre 5 minutes de plus. Au bout de 10-15 minutes, on se redemande et puis là on se dit que c’est trop bête d’avoir attendu si longtemps pour partir maintenant, on s’imagine qu’au moment où l’on sera juste suffisamment loin pour ne pas l’avoir, un bus apparaîtra et donc on reste… nos choix du passé doivent être justifiés et c’est cela qui orient nos choix actuels… mais parfois le bus n’arrive pas!

Oui, l’austérité était une connerie, mais le problème est que plus on s’enfonce dedans, plus il faut un méga coup de pouce pour en sortir… donc des femmes et hommes politiques qui se braquent sur l’austérité, refusent les solutions keynésiennes; l’austérité se renforce, nécessitant  encore plus de relance keynésienne… ces sont ces mêmes femmes et hommes politiques qu’il faut désormais convaincre d’en faire plus aujourd’hui qu’hier en matière de relance, que le bus n’arrivera pas, même si cela fait 30 minutes qu’ils attendent. Le pire dans la réalité, c’est qu’ils ont attendu un bus à un endroit où il n’y avait pas d’arrêt, l’austérité n’a jamais été une bonne solution économique.

Donc il faut aller prendre le métro ou opter pour la marche à pied! Si l’on doit faire un reproche à l’attitude mentionnée en début de post, à savoir le fait que bien sûr, le gouvernement précédent ignorait tout-tout-oui-on-vous-le-jure des plans sociaux qui s’annonçaient et que du coup certains sont peut-être effectivement annoncés plus tard. C’est que cela a retardé la prise de conscience de l’ampleur du problème et en outre a créé un bouchon de plans sociaux ce qui va créer un énorme choc négatif sur la demande. A la fois parce que beaucoup de personnes vont se retrouver de fait sans emploi d’ici peu, mais aussi car la brusquerie de ces plans va faire peur et inciter les salariés à anticiper une mauvaise nouvelle devenue plus probable.

Ces dernières lignes décrivent bien quelque chose d’acquis, malheureusement, en face, nous n’avons rien pour contrecarrer les effets dévastateurs de ces destructions d’emploi. Il faut de l’investissement massif de façon à créer des emplois et compte tenu de la frilosité du secteur privé, c’est au secteur public s’y employer. Les milliards que l’on arrive à libérer ne doivent plus servir à financer ou refinancer des banques mais doivent être mis dans des décisions d’investissement créatrices d’emploi. Rappelons que si on avait un peu moins peur des solutions keynésiennes, Keynes disait lui-même que grâce à son multiplicateur, il suffisait de demander à des gens d’enterrer de l’or puis de les payer à nouveau pour le déterrer afin de relancer la demande. A court terme, il n’est pas nécessaire de trouver des idées géniales pour l’avenir. A moyen terme, il faut une politique industrielle stratégique afin de repartir sur des sentiers plus prometteurs. Enfin, à long terme, nous seront tous morts! (Chuck se demande d’ailleurs comment on ne peut pas croire au keynésianisme face à une annonce teintée d’autant de bon sens!)

Alors Chuck peut bien sûr relancer tout ce que vous voulez très fort, mais il ne contrôle pas forcément sa force et ça pourrait partir dans tous les sens, donc il vaut mieux que d’autres s’en occupent. Pendant ce temps, Chuck va s’occuper de la décroissance des salaires de tous ces petits salauds qui jouent avec les emplois de vrais gens vrais à des fins politiques, peut-être même de la croissance de leur temps de prison! Préférons le choc positif au Choc Norris.

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Nicolas S. aurait permis à la France de résister mieux que tous les autres pays à la crise. Jean d’Ormesson le dis à nouveau hier pour justifier de ce qu’il va voter pour lui.

Chiffres à l’appui, il relaie cette vérité plus ou moins vraie. Déjà, comme le blog désintox l’a largement souligné ces dernières semaines, la France, non, n’est pas le seul pays à s’être relativement bien comporté en Europe, et ce que ce soit par rapport à la zone euro ou par rapport à l’Union Européenne (UE).

Que ce soit en matière de pouvoir d’achat, de croissance, ou de taux de chômage, les chiffres ne sont pas fameux, bien qu’ils soient un peu au-dessus de la moyenne européenne. Mais au-delà de savoir où se positionne la France au sein des pays de la zone euro ou de l’UE, la question est: qui est à l’origine de cela?

Le candidat-président nous dit que c’est lui. Nous aimerions savoir quelles ont été les mesures qui ont permis cela? Une bête liste nous serait utile parce que Chuck, lui, il ne voit pas bien de quoi il s’agit. Du bouclier fiscal? Possible, cela a accru le pouvoir d’achat des plus riches, bravo! De la loi TEPA et de sa défiscalisation des heures supp’? Difficile d’en estimer les effets aussi rapidement, mais a priori, ce que certains ont gagné, en faisant plus d’heures supp’, d’autres l’ont perdu, en ne trouvant pas d’emploi.

Non, ce qui a permis à la France de relativement résister à la crise est son modèle social, hérité du début du siècle dernier et développé depuis, tant bien que mal. Ce modèle qui fait qu’on essaie de ne laisser personne dehors, sans assistance. Ce modèle qui fait que oui, il est dur de licencier, que cela est coûteux pour l’entreprise. Ce modèle, on le sait depuis longtemps maintenant, certes protège relativement, mais aussi crée de l’inertie. Ainsi, souvent, les crises ont des effets moins dévastateurs, mais les booms sont moins entraînants. C’est le prix à payer. Sa stabilité repose sur le fait qu’on le maintienne quel que soit le temps, contre vents et marées, mais aussi par grand soleil. Le supprimer pour améliorer la croissance en promettant qu’on le réintroduirait en temps voulus n’est pas une solution possible car instable, cette promesse n’est pas crédible.

Et que propose Nicolas S. dans son programme? Il propose de revenir sur ce modèle en donnant un pouvoir considérable aux entreprises sur leurs salariés en matière de négociations salariales et autres. Il propose de ne pas écouter les corps intermédiaires. Concrètement, pour Nicolas, cette dernière remarque revient à dire ne plus écouter les syndicats. Car lorsque l’on a des Martin Bouygues et autres Arnaud Lagardère parmi ses proches, difficiles d’imaginer que Nicolas n’entendra pas le point de vue du patronat.

Quelles seraient les conséquences de telles décisions sur la vie des salariés? Leurs contrats de travail pourraient être dénoncés par leurs employeurs pour baisser le salaire pourtant contractuellement fixé! Est-ce que la loi prévoirait l’inverse? Est-ce qu’elle prévoirait que le salarié puisse décider d’une augmentation si les profits sont supérieurs à ceux prévus? Et, le salarié oserait-il si cela était possible? La réponse à la première question est non, l’inverse n’est pas prévu, Nicolas S. prévoit donc de faire peser le poids de la crise sur les salariés en temps de crise mais sans les récompenser en temps de boom. Ce n’est donc même pas un modèle se voulant plus souple qu’il propose, c’est un modèle contre les salariés, antisocial donc. Quant à la deuxième question, d’un point de vue positif, on peut largement douter qu’un salarié ose cela compte tenu du faible pouvoir de négociation dont il dispose comparé à son employeur. Ainsi, les salariés en emploi verraient leurs salaires baisser et les entreprises n’embaucheraient pas plus… Soi disant, les firmes supprimeraient moins d’emplois. Mais cela est déjà très compliqué et coûteux de le faire grâce à notre modèle social, donc cela est faux. En revanche, avec la diminution du pouvoir des syndicats, cela pourrait arriver oui. Ainsi on justifierait a posteriori deubien fondée de son idée: « comme j’ai prévu de simplifier les licenciements, mais je ne vous le dis pas encore, alors il faut que les entreprises puissent revoir à la baisse, via un chantage au chômage, le salaire de ses salariés pour éviter qu’elles ne licencient en cas de crise ». Plus de chômage, pas moins, des salaires plus faibles… quelles seraient les conséquences en matière de pouvoir d’achat?? Sûrement excellentes non?

Or la deuxième proposition sur les corps intermédiaires revient justement à réduire encore plus ce pouvoir de négociation des salariés en réduisant le pouvoir des organisations qui justement agrègent les travailleurs de façon à leur permettre d’avoir un poids face aux entreprises. Chuck ne conteste pas qu’il y aurait sûrement des réformes à mener au sujet des syndicats, mais en aucun cas il est souhaitable de les mettre sous le tapis. Ces deux idées combinées ont clairement pour conséquence de mettre largement à mal un modèle social qui pourtant a permis à la France de résister en partie à la crise au profit non pas d’un modèle plus souple (ce qui peut poser problème mais peut se défendre), mais au profit, haha c’est le cas de le dire, d’un modèle antisocial ou entrepreneurial.

Ainsi, c’est une double erreur, les deux étant graves, que commet Nicolas S. D’abord une erreur de diagnostic sur ce qui a permis de résister à la crise. Ce n’est pas lui mais bien le modèle social français. Peut-être même que ses actions en ont empêché le plein effet, mais Chuck ne veut pas s’aventurer sur ce terrain. Ensuite, c’est une erreur de vouloir le supprimer, or c’est ce qu’il propose, pour un système en faveur des seules entreprises.

Cet homme est un danger public (en ce qu’il menace le bien-être des citoyens) et il ne sera jamais sanctionné pour cela s’il tue le modèle social français dans un éventuel second mandat car il ne pourra se représenter. Lors de son retour dans le monde privé des affaires, nul doute qu’au lieu d’être sanctionné, il sera récompensé par ceux qui partagent son temps de loisir.

Chuck veut rétablir la vérité: une baffe sur la joue droite pour tirer à soi les mérites d’un système de protection sociale, et vu qu’il tend l’autre joue, une énorme baffe à gauche car en outre, il veut en supprimer l’essence même au nom, masqué, des pleins pouvoirs de l’entreprise.

Nicolas S. voudrait faire croire que lui a la solution pour éviter que la France entre dans un tourment financier.

Chuck passe rapidement sur le revirement de position déjà largement souligné du candidat-président. Dans sa négociation avec notamment l’Allemagne puis depuis le début de sa campagne, jamais il n’avait considéré que la croissance était un élément important et soudain, il plaide en faveur de l’ouverture d’un débat sur un élargissement des objectifs de la banque centrale européenne (BCE) à la croissance (alors que jusqu’à maintenant, son seul objectif est l’inflation), au grand dam d’Angela M. d’ailleurs, qui n’a pas manqué de souligner aujourd’hui même que cela ne lui plaisait pas trop. Idem pour l’encadrement des loyers…

Non, le plus surprenant est cette image de président devançant les problèmes et trouvant les solutions dans l’instant. Pourtant, il est au pouvoir depuis désormais 5 ans, qu’a-t-il fait pour la croissance pendant tout ce temps? Pas grand chose. Il aurait en revanche permis à la France de sortir de la crise! Mais les marchés seraient à deux doigts de malmener à nouveau la France, ce qui laisse entendre qu’un problème subsiste. Il veut faire croire que ce serait le fait qu’un candidat de gauche prenne le pouvoir qui engendrerait immédiatement un affolement des marchés et des attaques de ceux-ci contre la France. Pourtant, lui qui cite si souvent l’exemple, il devrait regarder au sud: l’Espagne est à nouveau tancée par les marchés; les espagnols viennent-ils de porter au pouvoir un gouvernement de gauche?? Non, pas que Chuck sache… En outre, au passage, comme cela est souligné ici, si les marchés devaient craindre l’élection de François H., ils auraient déjà agi.

Surtout, il avait été prévenu de l’imminence d’un problème pour la France. Il y a 5 années de cela. Certaines personnes déclaraient à l’époque que la France était en faillite. Des agitateurs de gauche? Des extrémistes de droite? Des radicaux du centre? Non, le premier d’entre eux n’était autre que son fidèle premier ministe, François F.! Et qu’avait-il fait alors, celui qui se vante d’être l’homme de la situation face à la crise, celui qui règle tous les problèmes? Il l’avait engueulé et avait mis en place dans la foulée son bouclier fiscal qui a coûté un max à la France qui était alors déjà très endettée.

Ainsi, déclarer que François H. est quelqu’un d’irresponsable est … irresponsable! Comment prétendre que l’on est quelqu’un de plus sérieux que lui alors que l’on n’a pas voulu écouter son premier ministre signalant que la France était déjà trop endettée, qu’il a fallu attendre une crise pour qu’il admette cet état de fait. Chuck ne dit pas qu’il adhère nécessairement au remède proposer pour ce diagnostic, mais Nicolas S. a depuis le début de la crise indiqué que c’était sa façon de voir les choses. Il n’est pas cohérent avec lui-même!

Malgré le fait qu’il l’ait admis d’ailleurs, il a supprimé le bouclier fiscal pour en échange réduire l’ISF, le résultat de l’opération est un surcoût supplémentaire pour l’état. Dans une moindre proportion, il est comme ces républicains américains qui hurlent contre la soi-disant mauvaise gestion de l’équipe Obama en matière de budget, qui prônent la rigueur budgétaire et proposent dans leur programme… une forte réduction des impôts pour les riches! Pour lutter contre les déficits, réduisons les recettes de l’État! Beau slogan.

Désormais, le constat étant enfin accepté par Nicolas S., il décide de prendre des mesure de rigueur… mais ces mesures sont dangereuses car désormais nous sommes en crise … Il était trop tard! Si l’on considère que la rigueur est nécessaire compte tenu de l’état des finances françaises, il fallait prendre des mesures avant la crise, pas une fois celle-ci déclenchée.

Récapitulons: 1/ Nicolas S. a été prévenu dès le début de son mandat de l’état des finances 2/ Il n’a n’en pas tenu compte, il a même pris des mesures conduisant à réduire les recettes de l’Etat 3/ La crise éclate 4/ Il décide plus de rigueur qui se traduit par 5/ Des mesures, suppression du bouclier fiscal et baisse de l’ISF, qui reviennent à supprimer des impôts pour les plus riches et 6/ Plus d’austérité pour les moins aisés, une hausse de la TVA de 1,6% notamment, cela tuant la croissance et renforçant la crise.

Ainsi, il est clair que le sens de la responsabilité n’est pas la première qualité de Nicolas S., le réélire serait donc folie! Si vous croyez que la France doit se désendetter maintenant, maintenant, il a pris ses décisions trop tard, n’a pas tenu compte des alertes nombreuses; si vous n’êtes pas d’accord avec cela, il est clair qu’il fait n’importe quoi. Dans tous les cas, il est indéfendable. Chuck tire l’oreille de Nicolas S. pour qu’il retienne la leçon!

Alors non, Nicolas S. n’est sûrement pas l’homme de la situation!

Ouvert et contre tous

Haha!

Ca y est, désormais nous savons pourquoi Sarko tenait tant à l’ouverture lors de son premier mandat. Le candidat-président nous a expliqué hier soir que, au nom d’une règle que lui seul connaît, il fallait que la France soit dégradée par 2 des 3 agences de notation pour que l’on puisse dire que le triple A de la France était perdu.

Sentant que son argument ne cassait pas des briques, Sarko cherche malgré tout à justifier de ce que la perte du triple A de chez Standard and Poor’s a été causée par, tenez-vous bien, une mauvaise estimation du déficit par la cour des comptes qui est dirigée par un socialiste! Oui, il a osé.

Plusieurs points. Primo, le président de la cour des comptes aurait donc à dessein triché ou bien est-il incompétent? Dans un cas comme dans l’autre, c’est oublier que la cour des comptes n’est pas composée que de son président, mais de nombreux membres qui sont pour la plupart de droite, et donc qui seraient également incompétents, Chuck n’ose imaginer que des membres de droite de la cour des comptes aient pu trafiquer les prévisions pour nuire à Sarkozy…
Secundo, donc les agences de notations feraient leurs prévisions en basant leur travail sur les prévisions de la cour des comptes? Dans ce cas, pourquoi prêter tant d’importance à leur verdict? Elles ne feraient que reprendre les prévisions des autres. Il suffit de sous-estimer un peu le déficit ou la dette la prochaine fois et l’on sera tranquille. Le fait qu’à la fois il semble prendre au sérieux leur notation et qu’il pense qu’elles se fondent sur les estimations de la cour des comptes est un non-sens logique.

Mais au-delà de cet aspect précis, c’est tout de même incroyable d’oser celle-ci. Cela doit donner envie d’appartenir à son gouvernement d’unité nationale. Tous les non UMP seront accusés d’être à l’origine des mauvaises nouvelles. Dans les prochains jours, nous apprendrons que ce qui se passe en Syrie est dû à Bernard Kouchner qui avait mal estimé à quel point Al Hassad était fou et les russes et les chinois bornés. Martin Hirsh a ruiné les caisses de l’Etat avec son RSA, une folie, la crise, c’est de sa faute! Fadela Amara a mal fait son boulot sur les banlieues, c’est pour cela que rien ne va plus là-bas!

Bon, le seul qui sera épargné sera Eric Besson, il est un peu spécial lui, sauf si ça va vraiment mal: « Eric m’a conseillé de mettre en place un bouclier fiscal et de défiscaliser les heures supp’, c’est la stricte vérité monsieur Pujadas »… Et oui, déjà que son ex-épouse est à l’origine du Fouquet’s et du voyage sur le yacht de Boloré, qu’en fait elle n’a pas aidé à la libération des infirmières bulgares en Lybie, c’est d’ailleurs sûrement elle qui avait invité Khadafi et non le président ….

Et s’il est réélu, Copé ou Fillon auront beau jeu, en 2017, de dénoncer la mauvaise gestion du premier ministre François Bayrou… non un gouvernement d’union nationale ne peut en aucun cas être une bonne idée quand celui qui le propose se sert de l’ouverture pour n’assumer aucune responsabilité! Cela reviendrait à prétendre ne jamais être attaquable sur son bilan et donc en mettant à chaque fois quelques personnalités d’ouverture prêtes à avaler quelques couleuvres, la droite se maintiendrait au pouvoir… Chuck a vu clair dans ton jeu Nicolas S., mais croire que ce sera toujours la droite laisse de la place qu’il lui mette une gauche!

Chuck n’ose y croire ! Pourtant, il est du genre à faire des souhaits bien costauds pour Noël. De ceux que même un papa Noël de compèt’ a du mal à exaucer. Mais là il s’est surpassé, une interview de Lefebvre !

Ah ça fait plaisir ! C’est qu’il nous avait manqué le fredo. Bon, ensuite il faut reconnaître que c’est moins drôle qu’avant. En effet, des scientifiques se sont penchés sur son cas en se posant la question du rythme d’interview auquel soumettre Frédéric F. afin de réduire à zéro le nombre de conneries prononcées.
De fait, on voit bien qu’il s’est préparé comme un fou. Il connaît presque les sujets sur lesquels on l’interroge, il fait des blagues et tout et tout. Un entraînement de professionnel, pas d’erreur dans les noms. C’est bien Laguiole qu’il faut protéger, et non la fiole. Et il peut en citer plein d’autres, mais il ne le fera pas parce que là, ce serait prendre trop de risque.

Donc du Lefebvre au taquet, évitant tous les faux pas… enfin presque. Car s’agissant d’acheter du « made in France », le père Lefebvre a encore quelques bourdes dans son sac. Ainsi, il explique que certes un bien produit en France coûte plus cher. Il cite d’ailleurs la grand-mère de sa femme, pleine de bon sens, qui aurait dit qu’elle n’a pas les moyens de s’acheter de la mauvaise qualité. Il est évident que la grand-mère de son épouse est sûrement la femme de classe moyenne type !
Et donc, toujours selon lui, à la fin on retombe sur ses pieds. On paye plus cher, mais vu que ça dure plus longtemps, le français est gagnant. Merci de le préciser, parce qu’avant, le français ne s’en était pas rendu compte ! Vraiment ? Bin oui, il était con et préférait acheter une voiture tous les 5 ans à 10000€ plutôt qu’une voiture qui dure 15 ans pour 20000€.
Mais non ! En fait, ce qu’il omet, c’est qu’il y a deux dimensions. D’une le prix, de deux l’accroissement de la durée de vie. Or selon lui c’est évident que la deuxième dimension l’emporte systématiquement sur la première. Et donc au passage que les français sont des ânes. En réalité, ce n’est pas forcément évident : la France peut produire des voitures qui durent 8 ans et les vendre 20000€ et surtout, des pays comme l’Allemagne en produise qui durent 25 ans pour 25000€ … A la fin, son histoire fait un bon argument de VRP voulant vendre des brosses à reluire bien de chez nous produite par les petites mimines d’un ouvrier du terroir, mais c’est peut-être un peu court pour un ministre.

Ensuite, il reste dans ce doux rêve que la droite ne cesse de caresser, à savoir que lorsqu’elle fait des cadeaux aux entreprises, celles-ci redistribuent ces cadeaux sous forme d’augmentation pour ses salariés ou sous forme de nouvelles embauches, mais on sait depuis longtemps maintenant que ça ne marche pas ! C’est comme la BCE qui croit que les banques privées vont se jeter sur les dettes grecques et italiennes grâce à l’argent qu’elle met à leur disposition ! Doux rêve on vous dit …

Et le paroxysme de l’interview intervient à la fin, lorsque les journalistes lui demandent d’expliquer la situation sur la 1re circonscription des français de l’étranger, ceux d’Amérique du nord, sachant qu’il est en compétition avec un certain M. Balkany, dont le nom laisse difficilement présager qu’il soit de gauche et donc qu’il y a un léger problème car une fois de plus, deux candidats de droite sont se font concurrence… et que Frédéric L. répond qu’il a vécu aux USA et qu’il est ravi de cette place sur cette circonscription ! A côté de la plaque total !

Bref, il semblerait que 3 mois entre chaque interview, ce soit encore un peu trop court. Et surtout, les scientifiques devraient aussi réfléchir à la durée optimale des interviews. Et là c’est clair, 30 minutes, c’est beaucoup trop, il faiblit très nettement lors des dernières minutes !

Chuck se propose de filer un coup de main (il adore ça) aux scientifiques qui travaillent sur le cas Lefebvre !

L’affaire Agnes ne doit pas être instrumentalisée. Non!
Puis finalement, on va tout de même légiférer sur le fait de mettre tous les mineurs ayant été condamnés pour un acte grave en centre fermé. Une fois de plus une modification de la loi suite à une affaire isolée.
Personne n’a pris le temps de se poser la question de l’évolution de cet individu. Peut-être s’est-il passé quelque chose entre l’été 2010 et l’automne 2011 qui pourrait être à l’origine du mauvais pronostic des médecins ayant ausculté le meurtrier d’Agnès après l’été 2010. Peut-être pas.

Mais l’objet de ce post n’est pas là. Ces choses ont été dites à plusieurs reprises par d’autres. Chuck lui ne se pose pas la question, il va de soi que quiconque tente de commettre un acte grave à l’encontre de sa personne n’aura pas le loisir de récidiver…

Non, ce qui l’intéresse, c’est l’argument mis en avant par les membres du gouvernement pour la mise en place de cette loi. C’est celui de la réduction de l’aléa. Donc au nom d’une relation pas forcément établie entre l’acte de 2010 et celui de 2011 on considère que l’on pouvait avoir des doutes et donc, au nom de ce doute, on va s’en préserver.

Soit, dans ce cas, appliquons cette logique un peu plus généralement. Supposons que quelqu’un ait mis des milliers de personnes au chômage. Que celles ne l’étant pas encore ont vu leur pouvoir d’achat réduit par ce même individu. Que l’entité à laquelle ces gens appartiennent, l’Etat, n’a elle aussi plus de pouvoir d’achat et a vu sa dette croître de 600 milliards d’euros. Du petit club auquel appartient cette entité, la zone euro, il est en train de faire un club SM avec de quoi châtier tout membre le souhaitant, où lorsque un gouvernement de la périphérie estime qu’il faut s’affranchir du seuil de Maastricht, c’est un voyou, lorsque ce serait la France et surtout l’Allemagne (qui, ne l’oublions pas, a une dette de 82% de son PIB, soit 22 points au-delà de la limite) seraient responsables.

Bref, Chuck s’arrête là… il y en a d’autres comme les retraites et l’accroissement patent des inégalités. N’en jetez plus! Chuck pense que pas grand monde n’a envie que cela se reproduise. Alors bon, oui il va peut-être se passer quelque chose entre maintenant et mai prochain qui va faire qu’il ne va pas commettre les mêmes actes. C’est en tout cas ce qu’il va nous dire, qu’il y a eu une crise (d’ado?) qui explique ce pour quoi il a été obligé de faire tout cela mais que cela ne se reproduira plus, et patati et patata.

Mais on ne peut savoir hein, et c’est trop risqué! Imaginons en plus qu’en cas d’éventuelle récidive, celle-ci soit plus grave encore, à l’image de l’affaire Agnès. Bref, Chuck est d’accord avec le gouvernement, au nom de la réduction des aléas, nous préférons faire en sorte que cela ne se reproduise pas! Chuck propose ses bras musclés en guise de centre fermé autour de Nicolas S. afin d’éviter que celui puisse réitérer le même genre d’acte!

J’ajoute que contrairement au cas du meurtrier de l’affaire Agnès, aucun expert n’a jugé sérieusement que la récidive était peu probable.

Je sors de l’école, je me retourne, regarde à gauche, à droite… personne. Je cours pour traverser la rue et me précipite dans une épicerie. Ouf, personne dans mon voisinage saura que je suis de gauche!

Et oui, quand on s’appelle Chuck, que l’on a fait toute sa réputation grâce à sa droite et son uppercut, il est clair que montrer que l’on est de gauche pose problème…

Et visiblement, ça pose problème aussi à Claude G. Et oui, vous imaginez, dans un village de 300 ou 400 habitants, où les plus vieux squattent devant leur maison (à moins de trois, sinon Claude G. enverrait la police), parce qu’ils n’ont que ça à faire, il est clair que tout le monde va savoir que l’on est de gauche.

Mais tout le monde n’est pas dans la situation de Chuck. Certains ne voient pas en quoi cela pose problème que d’autres puissent connaître pour qui ils votent. C’est un droit que ça ne sache pas, c’est une liberté que de l’annoncer ou non.

Et surtout, à l’encontre de monsieur Claude G., lorsque l’on va dans un bureau de vote, nous a-t-on déjà refusé le droit de ne prendre que deux bulletins, un PS et un PC par exemple, avant de pénétrer dans l’isoloir? Non, jamais… car le secret du vote concerne son expression précise, et non une tendance à laquelle il correspond. En ne prenant que ces deux bulletins on signale que l’on est de gauche, point! Tout comme lorsque l’on sort d’un bureau de vote des primaires!

Alors, pour Claude G. qui accuse les primaires de violer les principes essentiels des élections, Chuck lui suggère de réfléchir à deux fois avant de dire des conneries… il n’y a pas de problème, qu’il s’enfonce ça dans le crâne! Et si Claude G. n’y parvient pas, Chuck se fera un plaisir de l’aider à ce mettre ça dans le crâne!